3lulu

Réfléchir, refléter, penser, panser, réciter, réssusciter, actualiser, actu-alité, ziquer, ciné-mater, coup gueuler, ironiser, etc.

mercredi 3 février 2010

السكان الأصليين متاع الكندا

http://www.interet-general.info/article.php3?id_article=13135

على خاطر عمشة، ربي مايهديهاش، وحّلتني، هاني بش نكتب شوية على الزندينات في مقاطعة الكبيك. مانيش بش ندخل في معمعة و دراسات تاريخية، بش نعطي لمحة صغيرة فقط على الوضع.
السكان الأصليين متاع كنطا يتفرعو لبرشى مجموعات
(Micmacs, des Inuits, des Mohawks, des Iroquois, des Dénés, des Algonquins)
تختلف في اللغات و التاريخ و توصل حتي تكره بعضها و هذا ما خّلى المستعمر الأنقليزي و نظيره الفرنسي يستغلوا هذه الفوارق لكسب الأراضي و الهيمنة المطلقة على المنطقة. و من ثمّة، إستعملوا السكان الأصليين ككبش فداء في خظم الحرب الإستعمارية اللي بينات الأنقليز و الفرنسيس. نمر على التفاصيل بش نوصل لحاجة مهمة برشى إلي لاحظتها في التاريخ المكتوب. التأريخ الفرنساوي و اللي يعتمد بالأساس على زوز كتب مهمين، رحلة إلى كندا متاع جاك كرتيه و المتوحشون متاع صاموال دي شمبلان غطّى و حذف حقائق كبيرة. الزوز المكتشفين هاذومة و إلّي يتسماوا دشنوا الإستعمار الفرنسي ما يحكيوا على السكان الأصليين كان بش يكبولهم سعدهم و يستهزؤا بيهم. قال شنوة متخلفين، و أقرب للحيوانات من الإنسان. و سخروا من عاداتهم و معتقداتهم. عرفوا نقاط ضعفهم و خاصة عدم وجود فكرة الملكية للأرض لديهم. أما الأدهى و الأمر أنّو اليوم، الدراسات التاريخية تتكتم على الجرائم اللي إرتكبوها الفرنسيس و ما تحكي كان على جرائم الأنقليز. هذا حسب رأيي تزوير.
كرتيه و حتي شمبلان يستهزؤا من سذاجة السكان الأصليين و يحكيوا كيفاش كي يقمروا فيهم بالمقارن، الكنديين في عوض ما يتخباوا يبداو يصيحوا و ينقزوا... و ما ولاو يخافو كان كي ماتو منهم. باله مالا الباحثين في التاريخ اليوم في شكون يستبلهوا كي يبرؤا الفرنسيس و زيد على هذا في كبيك عدد الجزائريين أكثر من السكان الأصليين إلي ما شفتهم بكثرة كان في مقاطعة كلمبيا البريطانية. توة الدم طلعلي لراسي و ماعادش نجّم نكتب.

mercredi 13 janvier 2010

Périple costaricain (2)


Périple costaricain (2)


Reprendre la route, quitter la pura vida des Caraïbes pour celle du Pacifique en passant par les volcans du centre du pays. Turrialba, Poas, Arenal, etc. Malédiction ou malchance. Il aura fallu qu’on passe par là pour que le volcan se mette en éruption. Il est fermé, les habitants sont evacués. L'autre volcan se cache des vues sous une couronne de nuages. Son cratère est précieux, il ne se montre pas souvent. Mais dès qu’on lui a tourné le dos, un peu déçu, il a grogné. C’est un bruit bizarre. Mélange entre grognement et bruit de roches qu’on touille dans un recipient en acier. Énorme. Il est temps de partir et de quitter le monstre et ses hauteurs, ses nuages qui le préservent du regard curieux, ses orchidées blanches, roses et violettes, ses bambous et arbres géants. Sur la route vers l’Ouest, le climat se fait plus sec et la nature un peu moins présente. Le vert est même teinté de jaune. Mais les montagnes sont aussi imposantes qu’ailleurs. Champs de café, de cacao, d’ananas, moins de cocotiers, on quitte les côtes. Arrêt obligé dans la petite bourgade de Cañas. La ville est barricadée. Maisons sans jardin, façades de magasins, bâtiments, tout est grillagé jusqu’à la toiture en tuile. Les gens se font rares, le regard plus curieux. Point de touristes. Soudain, une vingtaine de motards en cuir passent et perturbent un instant le calme de Cañas. Les gens sont méfiants ici. Apparitions furtives, regards cachés derrière les barricades. On dirait une ville assiégée. Ville de trafics traversée par la route panaméricaine?

Reprendre la route, zigzaguer, freiner, admirer ce paysage qui s’étend tel un Eden généreux. Des pancartes de candidats aux élections présidentielles surplombent la route. Ils sont quatre candidats dans la plus vieille démocratie de l’Amérique latine et la seule qui a osé supprimer l’armée pour investir plus dans l’éducation. Les Ticos ne s’intéressent pas beaucoup à la politique. Pura vida. L’actuel président, Oscar Arias, prix Nobel de la paix, n’a pas l’intention de se représenter. Les autres, faisant toujours partie de la vingtaine de familles les plus riches du Costa Rica proposent des programmes divers. Luis Fishman le populiste table sur la sécurité et joue avec la fibre nationaliste pour pointer du doigt les Nicaraguayens qu’il accuse de délinquance. Ces derniers représentent 10% de la population et selon une étude du PNUD, 90% des infractions ont été commises par des Ticos… Bouc émissaire. Mais c’est Laura Chinchilla qui est favorite. Après le Chili, le Costa Rica? Les femmes ici sont plus actives qu’ailleurs dans le monde, mais dans ce climat de pura vida, tout devient relatif. La plupart de cette gente feminine possède un enfant avant l’âge de vingt ans. Elle l’élève seule, le père doit lui passer un peu d’argent de temps à autre. S’ils sont en famille, ils sont unis et leurs enfants sont leur richesse, leur fierté. J’ai cinq enfants, trois garçons et deux filles, nous lance fièrement un jeune homme dans la fin vingtaine.

On arrive à destination. Samara est une petite ville jetée sur la côte du Pacifique. Une ville de surfeurs, calme et touristique. Tout transpire la pura vida mais dans sa version moins agitée que Puerto Viejo et son ambiance rasta jamaïcaine. La nature reprend vite le dessus. Singes hurleurs en grand nombre, papaye juteuse, mangue douce et crémeuse, ananas délicieux, jus de noix de coco frais. Pura vida. Premiers cours de surf. Le moniteur me demande d’où je viens. De Tùnez. J’en ai jamais entendu parler, me lance-t-il avec indifférence. Les filles insistent du regard. Je ne me fais pas d’idées. La prostitution est légale ici. Des filles mères au corps huilé, sculpté par les vagues du Pacifique et moulé dans un bikini string bronzent tranquillement sur les plages très larges du Pacifique en compagnie de leurs fils de 5, 6, 7, 8 ans. La mer est calme le matin, les vagues se montrent avec la marée haute l’après midi et avec elles la horde de surfeurs. Les débutants se mettent à l’affût de la première vague, les initiés attendent la plus grosse. Pura vida. Deux surfeurs québécois sortent de l’eau: C’est ço la pouro vido man! Dit le premier.

Le soir, une fête foraine, les paysans des quatre coins de la région affluent. Une corrida un peu trash. Ça suinte l’alcool. Ambiance d’émeute, de bagarre générale, de viol collectif sur les jeunes filles en short demi fesses… rien de tout cela. Malgré la foule, l’alcool, l’adrénaline provoquée par les taureaux et canalisée par les rancheros, le sex appeal des filles, rien ne se passe. Décidément, nous ne sommes pas en Égypte. Police présente partout, gilets par balles et mitraillettes. Hola, hola! Tout le monde se salue. Chouros chauds, boisson d’hibiscus, bière locale, grande piste de dance aménagée, etc. Pura vida.

Comme les éternels nomades, on reprend la route vers la capitale. On enchaîne les kilomètres, munis d’un GPS nord américain non configuré sur les routes costaricaines et dont seul le localisateur nous permet de voir si on est dans la bonne direction et quand est-ce qu’il faut tourner. Arrivés à la banlieue chic Alajuela. Villas barricadées, grillages hauts couronnés de barbelés. De petites casernes dans ce pays sans armée. On nous conseille de circuler à plus de deux personnes, à cacher tout signe de richesse, à mettre la voiture dans un abri gardé 24/24. Ambiance de guerre. On nous déconseille de traîner après 22h. Le centre ville de San José est très animé. Plusieurs rues piétonnes s’entrecroisent. Des gens travaillent, d’autres se baladent. Très peu de touristes. Ces derniers préfèrent la côte et ne veulent pas s’aventurer dans cette ville à la réputation dangereuse. On se sent bien ici, point d’insécurité. La police est partout. Les gens sont aussi souriants et chaleureux que sur les côtes. Le service est excellent dans les restos populaires du marché central. On fond dans la masse. On passe pour des gens du coin. C’est l’accent qui nous trahit. Musée de l’or et de l’art précolombien. Architecture coloniale. Librairies, enfin, des livres! Figues confites, cacao en poudre, café moka sublime, etc. Je rencontre l’inventeur d’un jeu spécial. Un mélange entre la pétanque et les échecs. Il est content de me montrer son certificat de propriété. Il passe ses journées dans la place publique à expliquer son jeu et laisse les enfants et les passants l’essayer. Barbe blanche jusqu’à la poitrine, peau tannée par le soleil, sourire plein de sagesse. Il me serre la main et me lance la fameuse pura vida. Il est temps de partir à contrecoeur. Je salue l’Allemande qui tient un petit hôtel et qui vit ici avec son mari depuis 14 ans. Elle me dit: poukha vita! En me souhaitant beaucoup de chance et en me prévenant des nouvelles mesures de sécurité dans les aéroports me disant qu’il faut arriver plus tôt. C’est l’alerte rouge quelques jours après qu’un jeune écervelé ait tenté de faire sauter un avion. Pourrie vida…

lundi 11 janvier 2010

Périple costa ricain


Périple costa ricain


Alajuela, San José, direction Limon, Puerto Viejo. 6 heures de route pour faire 250 km, pour serpenter entre les montagnes aux sommets nuageux, les volcans aux cratères nerveux. 6 heures de route sans indications ou presque. Nature luxuriante, forêts tropicales, paysages qui défilent et défient un oeil trop peu habitué. Des piétons qui, faute d’espace grignoté par la nature, marchent au bord de la route. Des vélos aux guidons très longs et larges circulent lentement. Une pluie torrentielle s’abat tout d’un coup pour laisser le soleil réapparaître quelques instants après. La nuit tombe vite à mesure que les virages s’accentuent. Des cratères dans la route font bondir la voiture et faillent nous projeter. Seraient-ce les dernières éruptions qui en sont responsables? Mystère. Les kilomètres défilent à un rythme lent. Pura vida! On arrive à destination, exténués. Petit coin de Rasta fari, musique reggae berçante, les gens nonchalants se baladent. Les femmes, jeunes, vieilles, belles, moches, grosses, minces, brunes, noires, blondes, arborent fièrement un mini short et une petite camisole au décolleté étourdissant. Odeur de marijuana, de rhum, d’air salé, de nature fraîche et humide. Humer cet air et raviver ses poumons, fermer les yeux et se laisser emporter par cette ambiance zen. Pura vida. Pas facile de se diriger dans les petits sentiers du début de la jungle. Le monsieur qui nous accueille est un Français dans la cinquantaine. Barbe grisonnante, cheveux hirsutes, des touffes de poils blancs lui poussent sur les épaules, comme le lichens et les lianes dans les arbres. Une odeur de sueur bien imprégnée, vieillie par le temps émane en effluves. Il paraît que cela tient les moustiques éloignés. Ils nous dirige avec une torche. On sort de la voiture et on est vite dans les bras de la nature avec des branchages qui nous lèchent et un bruit faunique mystérieux. Cris de lézards, hurlement de singes, chant des cigales, hululement des chouettes et toute sorte de grognements, de sifflements, de couinements, de grésillements et de sons bizarres nous préviennent de leur présence. Attention! Vous devez respecter le territoire des autres et fondre dans la nature tel un animal quelconque. Le lendemain matin, reveillé par les impressionnants hurlement des singes qui retentissent dans les quatre coins de la jungle à 5 heures, je commence à lire. Puis je ferme le livre. Non, je ne veux pas faire mon Gide au Congo. René qui se fait appeler Juan, pour se donner une couleur locale alors qu’il baragouine quelques mots en espagnol, me propose de faire un petit tour et de me montrer les bons spots. Je grimpe dans le pick up et la même odeur de sueur imprégnée cette fois-ci dans les sièges de l’auto me coupe le souffle net. On fait deux cents mètres – ici, tout se calcule au mètre près, sinon tu te perds – et on arrête. On descend, et René pointe un arbre d’une longueur interminable. Je ne vois rien. Il me precise où regarder. Toujours rien. Je n’ai pas encore l’oeil. Je finis par remarquer un paresseux qui glande sur une branche. Il fait à peine un mouvement par heure. Très curieuse rencontre. On s’enfonce dans la forêt et après quelques foulées, une magnifique plage bordée de cocotiers s’étend devant mon regard incrédule et ébahi. À gauche, quelques vautours semblent attendre.

- Ils attendent qu’on meurt. Me lance René avec un sourire cynique.

Il fait quelques pas et ramasse un fruit tombé par terre. Un mélange entre une patate et une figue de barbarie. C’est un nenni, me dit-il. Il le presse pour qu’il s’ouvre et me demande de le humer. Une odeur fétide s’échappe, mais comme il semble enthousiaste à me faire découvrir un nouveau fruit, je me contente de lui dire que c’est spécial comme odeur.

- C’est spécial! C’est dégueulasse! Ça te donne envie de gerber. On dit que c’est un super medicament, mais il faut être très mal en point pour bouffer cette merde.

Je commence à saisir le personnage. On rebrousse chemin et on reprend la route vers une autre plage. Je remarque à ma gauche une machette calée entre mon siège et la boîte de vitesse.

- C’est utile une machette ici?

- Ah oui. Et je m’en sers souvent. Lance-t-il sur un ton déterminé comme pour laisser planer un mystère.

Je regarde les Ticos, les Costa Ricains, passer sur le bord de la route.

- Et les rapports avec les gens ici se passent bien?

Il ne me répond pas et arrête la voiture net au milieu de la piste. Il me montre un iguane couché sur une branche. Après, il m’indique quelques restaurants et une épicerie tenus tous par des Européens. Des Français, Allemands, Suisses, etc. René, c’est le réseau européen. Je l’ai compris plus tard quand j’ai découvert le réseau américain.

- Mais les Ticos ne possèdent rien chez eux!

- Il fait une moue de dégoût. Non, ils n’aiment pas travailler.

Je regarde les gens marcher, ils nous envoient la main avec un sourire, mais ils sont invisibles pour René.

Il est 7 heures du matin et le soleil est bien planté au coeur du ciel. René se penche pour ramasser quelques noix de coco tombées la veille.

- Merde, ils ont tout bouffé, fait chier! On est arrivé un peu tard. Si tu veux avoir la paix, il faut venir tôt à la plage, parce qu’après c’est la cohue. Il suffit de trouver trois ou quatre personnes et tu n’es plus en paix.

René est né au Gabon. Il est fils de colon et aime la nature sauvage. On quitte René sans regret et on reprend la route, sur un coup de tête vers le Panama. On dévale les pentes, épouse les courbes, surplombe les nuages, zigzague entre les cratères de la route. Des bananeraies, des champs d’ananas, de café et de cacao, bordés de cocotiers et d’arbres divers et inconnus pour moi, sétendent à perte de vue. Des hommes avec des machettes marchent tout le long de la route. Ils coupent l’herbe et la végétation qui veulent empiéter sur la chaussée. La population change de traits. Les gens sont trapus, aux traits typés, à la peau tannée. Ils sont les descendants de ceux qui se sont fait appeler par erreur des Indiens, eux-mêmes descendants de Mongoliens venus il y a 7 mille ans du Pacifique. Des cabanes sur pilotis sont éparpillées à travers champs et plantations. Les maîtres des lieux, les riches propriétaires préfèrent garder leurs ouvriers sur place. Exploitation permanente d’un peuple que les conquistadors n’ont pas réussi à éradiquer. Ce sont les mêmes descendants d’Espagnols qui possèdent les terres. Ils fournissent une bonne partie du marché nord américain et européen en café, cacao, bananes et ananas. Les habitants de la région, eux, se nourrissent de riz et de fèves. Quelques poules courent dans tous les sens. Des chiens traversent nonchalemment la route, obligeant les conducteurs à freiner, à zigzaguer. Le chien est respecté ici. C’est la vache sacrée du Costa Rica. Tout le monde en possède un. Il est ainsi facile de reconnaître les touristes. Ils n’ont pas de chien. La route goudronnée s’interrompt sans préavis pour laisser place à une piste cahoteuse bordée de ravins. On avance comme le paresseux. On arrive finalement aux frontières. Longue file d’attente. Ni les douaniers ticos ni les panaméens ne parlent anglais. On double d’effort pour les comprendre et répondre tant bien que mal dans un espagnol approximatif à leurs questions. Après trois heures d’attente au bord d’un pont qui servait jadis de chemin de fer et par où passent désormais tous les camions de marchandises diverses, légumes, fruits, vêtements et probablement cocaïne et marijuana, la douanière ouvre mon passeport, puis le referme, le retourne. Elle ne comprend pas dans quel sens il faut l’ouvrir et finit, après d’âpres tentatives, par saisir le sens des pages. De droite à gauche. Quelle bizarrerie, devait-elle se dire. Elle s’arrête un moment. Pousse un soupir et compose un numéro. Je saisis des parcelles de la conversation. Elle demande si j’ai besoin d’un visa. Je dois être le premier Tunisien qui passe devant elle. Muni de ma carte de resident permanent au Canada, je lui fais comprendre que je n’ai pas besoin de visa. Mais elle ne veut rien savoir. Elle attend les ordres. Une demi-heure d’attente lente et pénible. J’ai eu au moins le privilège d’entrer dans la salle climatisée et de m’asseoir derrière elle pendant que les gens défilent sous la chaleur et le produit toxique dont on asperge les camions pour les désinfecter de je ne sais quoi. La douanière engueule les Américains en espagnol. Elle leur ordonne d’aller vite acheter un visa à côté et de revenir faire la file. Les Américains s’exécutent et répondent en espagnol, tête baissée. La réponse tombe. La femme se tourne vers moi, me tend mes papiers et esquisse un sourire en me souhaitant de passer une bonne journée. J’ai du mal à croire.

La physionomie des Panaméens est différente. Trapus, mâchoires saillantes, habillés comme des gangsters, ils ont le regard dur. Ils sont plus proches des Colombiens que des Ticos. Des images de la prison de la série Prison Break me sautent aux yeux. Le casting est fidèle à la réalité. Le look typique du Panaméen: un tee-shirt ouvert sans manches, des tatouages sur les bras, une grosse chaîne en or, un short long et des baskets. Crâne rasé et démarche de pitbull. Méfiez-vous des apparences. Après deux jours passés à visiter les différentes îles de Bocas del Toro, toutes aussi belles les unes que les autres et aussi bien conservées et épargnées par le béton, parmi les jeunes Américains venus surfer et plonger, retour au Costa Rica qui nous manque déjà. La pura vida nous rappelle.

Pamela dit qu’elle est née aux États-unis, a grandi au Panama et vit maitenant depuis 20 ans au Costa Rica. Elle tient un bed and breakfast, fait une excellente confiture de carambole, des bananes plantains flambées, déteste la politique américaine qui l’a fait quitter ce pays-là et voue une admiration profonde à son pays d’accueil. Elle a les yeux bleu clair, un sourire qui laisse voir de belles rides et un éclat rayonne son visage de 70 ans. Pamela est une belle personne, captivante et elle a un charme de grand-mère.

Expédition seuls dans la jungle où la pluie torrentielle de la veille a laissé ses traces. Fourmis rouges, araignées colorées, migales dévoreuses et poilues. Lézards qui se cachent dès que nos pas écrasent les feuilles qui jonchent le petit sentier. Gazouillements d’oiseaux étranges, glatissements d’aigles, coassements de grenouilles, bourdonnements divers, chants de petits perroquets verts en groupe, toucan perché qui nous regarde du haut de son long bec pointu et coloré. Sifflement de serpents, hurlement de singes, mimosa sensitive dont les feuilles se referment au moindre toucher pour se protéger des éventuels dangers. Un animal bizarre, mélange de sanglier et de lièvre saute devant nous. On est perdu. 3 heures d’errance. On retrouve enfin les baies paradisiaques de Manzanillo... (À suivre).

dimanche 29 novembre 2009

Minarets et angoisse de castration



L'interdiction des minarets en Suisse révèle une angoisse de castration, sur le plan symbolique. Que faire sinon castrer les mosquées de leurs minarets, un peu comme les esclavagistes qui castraient leurs esclaves et les rendaient eunuques, inoffensifs pour leur harem ou encore les maîtres de plantations américains qui avaient une phobie du Noir, érigé en bête supersexuelle qui traquait les femmes blanches de leur entourage et risquait de pénétrer la femme du maître. Derrière cette phobie, Fanon disait que se cache une psychopathologie qui révèle un complexe d'infériorité sur le plan sexuel, marqué par une angoisse de castration. Il va même jusqu'à parler d'une homosexualité latente chez le blanc négrophobe. Certains pays européens ne veulent pas voir de minarets, en somme des phallus qui représentent un pouvoir mystérieux et étranger, superpuissant, selon leurs phantasmes (c'est-à-dire fantasmes inconscients). Il faut rendre cette entité inoffensive, eunuque et docile, sinon elle va les pénétrer par ses minarets, dessinés par un parti xénophobes comme des missiles qui percent le drapeau suisse. Quelle belle image qui confirme l'hypothèse de l'angoisse de castration ou, plutôt, l'angoisse face à une tentative d'intromission.

vendredi 20 novembre 2009

Natura Rerum

http://macha.artblog.fr/4/

En Amérique du nord, je suis un immigrant, en Afrique du nord, je suis un émigré, il n’y a que dans la mer que je suis moi-même.

jeudi 19 novembre 2009

http://dissidence.libre-octet.org/penser/prison.html

Le Poète et le Tyran


Monsieur le Juge,

le prévenu a-t-il droit à une parole licite?

Comment, alors que vous m'interrompez

exigeant un non ou un oui...

Le droit, je vous le dis, votre Honneur,

Pour nous autres Arabes,

qui sommes Peuple amateur de préliminaires

avant toute réponse!



A présent, vous allez m'écouter...

Le marché, la grand-place, le ventre de la ville

grouillent de cette clameur :

La Justice, en mon pays, est inexistante

La Justice passa et s'en fut

La Justice a rejoint le Sein du Seigneur,

qui fit que nul n'est pérenne

fut-il Magnifique ou Tyran



Ne vous souciez point de ces mots,

Les gens sont saisis de fièvre délirante

et d'hallucinations

J'ai vu, quant à moi, de mes propres pupilles

ce que la cécité des mécréants ne saurait distinguer,

le fin mot de l'histoire :



La justice n'est pas absente,

c'est la cause qui est illusoire,

ou l'accusation, si vous préférez, qui peine à exister

condamnée qu'elle fut à la peine capitale

Nous sommes alors aujourd'hui jugés et condamnés

en manque d'accusation

comme l'Amant est en manque de sa bien-aimée,

Je me consume de désir pour une accusation savoureuse.



Monsieur le juge vénérable

scrutez bien avec moi ces fariboles

exercez votre perçant jugement :

L'on m'accuse d'avoir administré une torgnole

à une dame innocente,

de l'avoir gratifiée d'une ruade,

d'avoir tiré sa chevelure de sirène,

griffé ses joues de pomme rouge,

brisé ses côtes de gazelle...

Comment un poète peut-il commettre autant de fautes de goût?



Notre poète disait

"Nous aimons le pays comme nul ne l'aime"

Je réponds en contrepoint,

"J'aime les femmes comme nul ne les aime"



A toutes les femmes de la terre et des cieux j'ai chanté :

La foudre a tonné sur les contreforts du Kef

Son écho a atteint les confins des terres de Abid

J'ai cru entendre là le tonnerre de Dieu

c'était en fait le rire de ma bien-aimée



A la policière travestie je voudrais dire :

Tu es la bien-aimée, tu es le poème,

mais où se cèle donc la vérité?

Tu fus dure avec moi,

sans répit ni nuance

J'aurais préféré que tu me taxes d'assassin

ou de voleur de tout ce qui fut thésaurisé durant votre règne

Mais rosser une femme? Quel désastre!

Où donc se cèle la vérité?



La vérité est que je me suis aventuré

dans les recoins du palais du dragon

Une promenade devenue cauchemar sans issue

La vérité est que c'est une affaire

entre moi et Zaba le Grand,

souverain du pays

Une affaire qui concerne Hallaj le poète et le Tyran

Charlie Chaplin et le Dictateur

Shéherazade et Shahryar...



Dites à mon geôlier de ne pas se fâcher

Je ne suis, quant à moi, pas en colère

l'esprit en paix

non pas parce qu'innocent,

parce que coupable de l'avoir dépouillé

de ses derniers masques et parures

de l'avoir laissé nu comme un nouveau né

en proie aux moqueurs et aux ricanants



Ceux qui ne sont point familiers du soleil

sont atteint, à la lumière, de glaucome

Le soleil se lève, alors sauve toi, Vampire!

Buveur de sang!

Fuis! Fuis! Et fais ce qu'il te plait

Mes paroles sont libres

comme le souffle de la brise!

Aucune geôle ni aucune cage

ne peut retenir le fugitif qui te parle

de derrière ces barreaux :



Quand la récitation servile

sera étouffée par la Bonne Nouvelle

le Jour venu,

tu seras humble et poli...

Carthage, cette tombe lugubre où manque le cadavre...



L'idiot fléchira pour faire place à l'étendard et à la bataille

Tu lâcheras la bride à la démesure

et n'étouffera point le hennissement de ta monture

Elle porte en sa croupe un combattant...



Plaidoyer du détenu N° 5707

Bloc H, Aile 2, Cellule 2

Prison civile de Mornaguia

Taoufik Ben Brik

mardi 17 novembre 2009

Mon dieu

Max Ernst, Forêt et Soleil, 1940

Mon dieu est la nature, ma religion la culture

vendredi 13 novembre 2009

Chronotope



Le chronotope est le moment précis où l'axe spatial croise l'axe temporel (la quatrième dimension de l'espace) et provoque l'action. Notre vie n'est qu'une suite de chronotopes.

lundi 2 novembre 2009

MOVUTU

www.drame.org



Le nouveau système d'exploitation Movutu arrive bientôt. Il s'agit d'un système révolutionnaire sur tous les plans. Premièrement, le simple fait de l'installer vous épargne les maux et les tracasseries de réussir vos études, de vous trouver du boulot, de gravir les échelons et de briguer des postes de responsabilité, tout cela étant déjà garanti par le système en question. Ainsi, vous vous sentez en totale sécurité et vous aurez droit de regard sur vos voisins qui n'ont pas encore installé Movutu. Vous les inciterez à l'avoir, sinon vous les dénoncerez aux autorités qui prendront les mesures nécessaires et dissuasives pour toute résistance au système Movutu. Le système Movutu vous procure un immense plaisir en mettant à votre disposition un lexique concis et taillé sur mesure pour vous prémunir des attaques externes. Ainsi, les mots : État de droit, Transparence, Démocratie jeune et perfectible, Promouvoir et consolider les acquis de la modernité, renforcer la place et le rôle de la femme dans la société, promouvoir les jeunes, valoriser et mettre en place une structure équitable qui permet d'ancrer les valeurs de la justice dans l'infrastructure routière, etc. Le simple fait d'installer le système Movutu transforme tout en mauve, à commencer par les rues pour finir sur les plateaux de télévision en passant par vos propres sous-vêtements, vos savates, cravates, châles, sacs à main, mascara, etc. Vous arborez fièrement les habits des partisans du movutisme. Vive Movutu et le movutisme et à bas les récalcitrants, les méfiants et les sceptiques qui seront de plus en plus isolés. À bas les movutuphobes, les parasites qui salissent la surface mauve.


mardi 20 octobre 2009

اللّه أعلم

http://boubekeur.blog.lemonde.fr

واحد قاعد علعتبة متاع حانوت الحومة، متعدّي فؤاد المهبول، تلفّتلو القاعد و سألو السّؤال متاع كلّ يوم: يافؤاد، ربّي موجود؟
و فؤاد جاوبو كي العادة و بكل أريحية، هازز يديه للسّماء:
اللّه أعلم.
ضحك الحيطيست، و مولى الحانوت كي العادة إستغفر مولاه.

lundi 7 septembre 2009

الإمام المشفر و بوس اليد

خرج مالخدمة، حبّ يعمل طلّة على جامع العابدين و يصلّي فيه. عجبو المكان أما ظهرلو الإمام يستبله فيهم و يكلّم فيهم كاينهم فروخ صغار. وقت الخروج، شاف النّاس شادّين الصّف، قال برّى نشدّ معاهم و نشوف شفمّا. كي وصل لآخر الصّف يلقى النّاس تنحني و تبوس في يد الإمام النجم المشفّر. لقى روحو في وضع محرج لكنّو إنحنى
بدوره.
العبرة: إذا كان الآخر يستبله فيك، أسأل روحك علاش.

mercredi 2 septembre 2009

صدمة العودة للوطن2

هالتدوينة هاذي تكملة للي فاتت و لي حكيت فيها على صدمة العودة للوطن. بعد ما حكيت على السلبيات توة بش نحكي على النواحي الباهية. الصيف هذا تعرّفت على برشى ناس باهيين، طيبين و كرماء، تفكيرهم متميّز و عندهم طاقات كبيرة مخبية. و من ناحية أخرى تفرهدت في الطبيعة و رجعت لهواية الصيد بالغوص، عشت لحظات حلوة تحت الماء و إندمجت مع عالم البحار. آخر نقطة نحب نحكي عليها هي إيجابيات رمضان في النهار: القهاوي متاع آكلّي مادّين وجوههم نهار كامل مسكّرة و العباد ماعادش تدرّعلك خلايقك بالدخان قال شنوّة حرّيتهم، و النتيجة أنّو الهواء نظاف شويّة و الرّواري رتاحو من التدخين السّلبي، البحر فرغ مالمكبوتين و الهرج و الوسخ قلّو. وممبعد صدمة الرجوع نسنّس روحي بصدمة المغادرة...

dimanche 9 août 2009

صدمة العودة للوطن

الرجوع لتونس ديما يكون مرفوق بصدمة صغيرة )شوك دو رتور( و هالصدمة تدوم جمعة و من بعد تمشي على روحها و يولّي الواحد كي الحوتة فالماء و الشوك يولّي ياسمين. عاد بعد مرور الصدمة، حبّيت نعمل حوصلة على الباهي و الخايب. نبدا بالخايب: السّياقة من سيّء لأسوأ. الضّوّ لحمر ولّى عبارة على صطوب. التّهوّر و السّرعة، الغشّ و التزمير. مالجّمعة اللّولّى شفت واحد مات قدّامي ضربتّو كرهبة. الوسخ: في الشارع و خاصة فالبحر، شيّ ينطّق، لتوّة مالقيتلوش تفسير منطقي أما ذكّرني في قولة كونقولية دموقراطيّة : إلّي يخرا و ممبعد يقعد في بلاصتو، الرّيحة ترجع عليه. الدّين: العودة القويّة للدّين ما بدّلت شيء من النّاس، الشكل تبدّل و المضمون هوّ هوّ، و الدّين ولّى آداة لتغطية العيوب، للحكم على الآخر و إقصاؤو من النخبة الإلاهيّة، لتبرير الكبت و الضغوط النفسية لتشييء المرأة و جعلها مجرّد فرج ناطق و جب كتمه، و هيّ بدورها تساهم فالمشروع و تنطلي عليها الحيلة لتصبح مجرّد فرج يقبع تحت ضغط الغرائز... الباهي توّة: الدنيا سخونة و آنا تعبت مالكتيبة عالكلفي فيرتيال. بش نمشي للبحر و المرّة الجاية نحكي على الحاجات الباهية.

mardi 7 juillet 2009

Chien gayouri


http://www.bloginsolite.com/wp-content/uploads/2008/08/photo-chien.jpg

Un an de blogging déjà. J'en profite pour réchauffer un plat que j'ai posté à mes débuts:


PS: D'après ma petite expérience de blogging, j'ai constaté que plusieurs lecteurs prennent tout au premier degré. Alors je le dis, avec le recul, le texte que vous allez lire comporte beaucoup d'ironie et d'autodérision, inutile de chercher la haute trahison nationale ni le rejet des origines.


Chien gaiouri

Chien gaiouri, chiens arabes

Le chien du couple de touristes allemands a de plus en plus du mal à circuler parmi la foule démente,
à se faufiler entre les jambes de la marée humaine qui déferle sur le trottoir où sont jonchées les étales des échoppes de l’artisanat, les attrape-touristes.
Le chien, essoufflé, essaie d’accélérer, traîne parfois, gêné par ces gens bruyants et par cette foule tonitruante.

Il n’en peut plus, la canicule lui brûle la tignasse, c’est du jamais vu.
Ici, tout est différent, les odeurs, la chaleur, le manque d’eau, les mouvements, etc.
Il est stressé, mais de peur de perdre ses maîtres, il prend son courage entre ses pattes et tente de tenir le coup.

Tout d’un coup, le pire arrive.
La dame échappe la laisse, et le chien se perd dans la foule.
Il jappe par petits coups, mais semble déjà loin.
Il se met à courir, mais ne prend pas la bonne direction pour se retrouver, quelques rues plus loin, dans un coin vide.

Il y a bien trop d’odeurs pour qu’il puisse détecter celles de ses maîtres.
Epuisé et découragé, mais surtout apeuré, il se cache derrière une grosse poubelle exhalant une odeur nauséabonde qui lui fait oublier le parfum de son shampooing et l’odeur de sa loge enrobée de satin dans lequel il avait l’habitude de se rouler avec le plus grand plaisir.

Soudain, deux chats dont un sans queue surgissent de la poubelle et bondissent à ses côtés.
Le plus gros des chats, un matou, le lorgne et lui montre ses dents. Le chien, effrayé, recule et pousse un petit cri de secours.
Le chat avance et le chien comprend le message. Il faut qu’il dégage de là.
Il n’est pas sur son territoire. Alors, il court, il court, lâche ses pattes au vent malgré l’exténuation, jusqu’à ce qu’il atterrisse dans un hangar abandonné.
Là, il peut se reposer en toute paix. Mais le calme ne dure pas longtemps.

A peine ferme-t-il les yeux, qu’un aboiement terrifiant retentit dans ce terrain vague.
Il ouvre les yeux et son cœur bondit et faillit s’arracher de sa loge.
Quatre chiens très maigres mais coriaces l’entourent.
Ils le regardent en se demandant ce que peut bien être ce genre d’animal.
C’est comme un chien sans l’âme d’un chien.
Le chef du groupe est un mâtin borgne qui perdit un œil lorsqu’il sauta sur la fesse d’un homme en short, le mordit et ne voulait pas le lâcher, les gens vinrent et un d’entre eux qui portait une carabine à oiseaux lui tira un coup.
Personne n’avait compris pourquoi le chien attaqua avec hargne le pauvre monsieur. Certains disaient qu’il serait atteint de rage, d’autres arguaient que le monsieur l’avait peut-être provoqué, mais il y en eut un, un vieux professeur de philosophie, qui attestait d’une crise existentielle canine.
Ce borgne s’avance à pas décidés et fait le tour de la bête apeurée de voir de telles créatures qui sentent fort et dont le regard lui transperce la rétine.
Le chien arabe s’approche de lui d’un coup et commence à lui renifler le derrière.
Les choses se sont déroulées très vites.
Les quatre chiens ont tiré leurs coups et abandonné le pauvre touriste pour repartir d’où ils sont venus, c’est-à-dire la rue.

Le chien allemand a du mal à avancer, c’est bien la première fois qu’une telle situation lui arrive.
Castré, ce dernier n’a jamais connu les plaisirs de l’amour et les chiens arabes ne savaient pas trop s’ils avaient affaire à un mâle ou à une femelle, mais étant donné qu’ils ne voulaient pas se couper les poils en quatre, ils se sont vidés les calebasses comme il faut.

Deux jours passent, et le chien allemand essaie tant bien que mal de trouver où passer la nuit sans se faire attaquer par la foule de gamins qui jouent sans arrêt, ni par les chats, chiens, rats et toutes sortes d’animaux bizarres et sauvages.
Mais le pire est encore à venir. Deux gamins, en plein midi, il fait 45 degrés à l’ombre, tracent le chien qu’ils trouvent différent.
Kelb gaiouri ! Un chien occidental, crient les gamins tous contents de trouver quelque chose d’exotique.
Ils ont trouvé leur cible idéale et commencent à tirer des coups de pierres avec leurs élastiques coincés entre le pouce et l’index.
Le chien reçoit les coups et essaie de courir de plus en plus vite, mais à la fin, un coup l’atteint à l’oreille gauche et le fait sonner.
Une blessure profonde lui jonche l’arrière du lobe auriculaire.
La douleur est insupportable mais le chien ne songe qu’à se cacher pour éviter d’autres blessures.
Il finit par se terrer derrière un réfrigérateur abandonné et rouillé jusqu’aux os, mais les gamins réussissent à le retrouver. Soudain, surgi de nulle part, le chien borgne grommelle et fait mine d’attaquer les deux gamins qui prennent la fuite sans se retourner.

Une semaine est passée et le chien allemand commence à s’habituer à son nouveau milieu et à ses nouveaux compagnons, les quatre chiens.
Un matin, deux messieurs s’approchent du quartier général des chiens errants en tenant des cages en bois et des bâtons.
Les chiens prennent la fuite et le dernier à courir est le chien allemand qui finit par tomber dans les mains des deux chasseurs.
Ces derniers le ramènent à ses maîtres et empochent la récompense.

Malgré la blessure, la saleté du chien et son regard absent, le couple de touristes est aux anges et ne cesse d’embrasser leur enfant chéri.
Mais à peine la dame le pose-t-elle sur le sol que ce dernier prend la fuite pour rejoindre ses amis et retrouver la rue et ses odeurs…

samedi 20 juin 2009

Roberto Benigni et la prise d'otages

D'une manière générale, je ne parle pas beaucoup des spectacles auxquels j'assiste, mais quand il y en a qui sortent du lot, la règle change. La semaine dernière, j'ai vu le dernier spectacle one man show de Roberto Benigni intitulé Tutto Dante. La salle était comble et le comédien n'a pas tardé à accrocher l'attention du public et lui décrocher des rires spontanés en tournant en caricature l'histoire de la ville de Québec avant de bifurquer sur les affaires intimes de Berlusconi. J'ai bien ri au début, mais je me disais : en voilà un qui, à son tour, cède aux blagues faciles et parle de potins pour amuser la galerie, rien d'extraordinaire. Mais ma déception n'a pas été longue quand Roberto a commencé à parler de Dante et de sa Divina commedia. Le rire a disparu et la foule ne savait pas comment réagir. Les gens avaient le sentiment d'être pris au piège. Le spectacle d'humour a viré à une explication des vers de Dante et de sa rhétorique et ce jusqu'à la fin où le comédien conclut par une lecture magistrale du texte qu'il considère comme le fondement de la modernité. J'ai trouvé l'idée originale même s'il n'a fait que paraphraser Dante à sa façon sans trop chercher à créer une situation. Mais ce que j'ai le plus apprécié, c'est de prendre les gens en otages pour leur parler de culture et de mythologie à leur insu, après une petite entrée people.

vendredi 5 juin 2009

الخمر و الخمار


كلّ مرّة نقول هذيّة آخر مرّة نحكي فيها على الدّين و هذه حرّيات فرديّة. و لكنّ و قتلّي ها الحرّيات تولّي دغمائيّة جماعية و يجيوا فقهاء سفسطائيّن(4:36|5:54) يستعملوا حجج مشبوهة و متناقضة، ماعادش إنّجّم نسكت. قالّك الخمار من الخمر، متفاهمين. أما الرّبط بين الخمر كخمار للعقل و المنطق إلّي يدلّ على إلّي الخمار يجي على الرّأس، موضع العقل، هاذيّة العقل مايقبلهاش. معنتها، كيما الخمر يغطّي العقل و يذهبه، تغطّي المرأة عقلها لتذهبه بالخمار. تبّعوا مليح هذا السيلوجيسم . إذا كان الخمر محرّم على خاطرو يغطّي العقل، فالخمار كذلك وجب تحريمه. و إذا كان الخمار مفروض لأنّه يستر العقل، فالخمر وجب فرضه. ملّ معضلة.
باللّه الجماعة إلّي بش يبداو يسبّوا و يورّيوا إلّي هوما بمستواهم الهابط و لسانهم إلّي ما يتفوّه كان بعبارات القذف و الشّتم من توّة أسكتوا خير على خاطر تبرهنوا إلّي المدافعين على هالقضيّة ماعندهم كان هالأسلوب هذا و هو أكبر دليل على إنّي قضيّة فارغة و تحمل في طيّاتها كمّ هائل من الكبت الجنسي و الإنحراف الأخلاقي.

samedi 30 mai 2009

Lettre ouverte à Monsieur Le Premier ministre du Canada

M. Le Premier ministre du Canada, 

Permettez-moi d'attirer votre attention sur la triste réalité qui touche une partie des citoyens canadiens. Désormais, il ne suffit pas d'avoir le passeport canadien pour passer les frontières américaines. Si on a le malheur d'être né dans un pays « suspect », il faut amener avec soi son passeport « d'origine », le vrai, étant donné que le second n'est q'un paraître, une parade, et subir deux heures d'interrogatoires et de fouille minutieuse... 
Ce n'est pas le simple citoyen canadien qui doit être insulté devant de tels agissements, mais bien le gouvernement canadien, parce que sa souveraineté se trouve bafouée, parce qu'on tamponne des visas d'entrée américains sur les passeports de ses citoyens de « seconde zone ». Je blâme moins les État-Unis que le gouvernement canadien qui doit garantir tous les droits à ses citoyens sans exception à l'intérieur comme à l'extérieur de ses frontières.
 
Merci de bien vouloir vous pencher sur le sujet au lieu de vous pencher devant le voisin.   

mardi 26 mai 2009

Ligne de fuite


www.entente-gisorsienne.org/Images/cyclisme.gif

(Je reprends ici un texte que j'ai posté l'été dernier)
Les lignes de la route sinueuse filent, défilent et finissent par se rejoindre en un tracé flou qui échappe au regard fixe pour n’être qu’une ligne de fuite, vers un ailleurs indéterminé, terminé, vers un univers sans attaches, taches, ni brides, sans encombres, ni manières, sans relâche, lâches, ni points sombres, ombres, sans lisière ni absence torride, rides, des scarabées dans le vide, des mots sur des lignes, des lettres éparpillées, M, A, T, S… vers un infini, fini, ces lignes de fuite…


Le cœur bat de plus en plus fort à mesure que les jambes s’alternent, s’abattent et battent sur les bouts de métal, formant des cercles parallèles, invisibles à l’œil nu, mais que seul la ligne de fuite restitue, tue, les yeux pleurent à mesure que le vent se met en colère, de plus en plus frais, et la descente de plus en plus raide, défier le temps, en allant plus vite que lui, défier le vent en le transperçant de coups de pédales réguliers et ordonnés comme des soldats lavés, défier la pesanteur sur ce squelette de carbone, encore plus léger que le vent et qui lève comme les petites jupes pour montrer l’inconsistance de l’existence, la fragilité de l’âme, aiguisé comme une lame qui coupe le temps en deux.

Recroquevillé, les coudes formant deux carrés suspendus, le dos tourné au ciel, tel un animal qui fonce, agrippé sur cette machine légère, gère, coincée entre le bassin et les bras, comme on tient une femme jusqu’au râle final, jusqu’à l’extase du corps du mâle, et la fuite de la dame après le ratage, sans âge.

Il arrive à destination, nation, de l’errance, aporie de l’univers, vers, où s’entassent les bateaux prêts à prendre, rendre, la mer et jeter les voiles.
Il se faufile avec l’agilité d’un lynx dans les dédales de ces monstres triomphant par leur équilibre au sol, malgré la ligne de fuite, Thésée est prêt à affronter les cimes tendues, regarde de bas en haut s’élever le dérive, rive, qui semble soutenir la coque et le mât qui trône et dont la corde bouge au gré des vents, taureau qui a hâte de se détacher et de regagner son arène pour le combat, bat, final, mais ce prince des nuées majestueux comme il est ne peut se libérer.

Reprendre, rendre, route, chemin du retour, tour, suivre, ivre, les mêmes lignes, vélo exténué, nuées, mais genoux pistons s’activent, vent, pour fuir la tempête qui s’abat, colère de la reine de Saba.

mercredi 20 mai 2009

Bloguer ou bloquer

Sans moi et & sans vous: www.oliviergingras.com/peinture/


Parler ou se taire, avancer ou s’immobiliser, se lancer ou s’agripper, s’écrouler ou rebondir, réfléchir ou dormir, penser ou dé-penser, marquer ou marcher, changer de cap ou enjamber les haies, courir ou flâner, prendre ou comprendre, agir ou subir, tenir ou détenir, venir ou devenir, s’attacher ou se détacher, Bloguer ou bloquer? Là est la question!

jeudi 14 mai 2009

خنازير و لو طاروا



نحبّ نفهم علاش الإعلام العربي يصرّ على إستعمال تسمية إنفلونزا الخنازير برغم إلّي المنظّمة العالميّة للصّحة و بعدها الإعلام الدولي و لّاو يستعملو كلمة إنفلونزا أ

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